lundi 27 juin 2011

L'intégration des personnes en situation de handicap en milieu ordinaire est prônée par les politiques.


 Chtistelle (au centre) explique à une salariéé de SicÔs comment procéder pour découper un rideau.Chtistelle (au centre) explique à une salariéé de SicÔs comment procéder pour découper un rideau.


L'intégration des personnes en situation de handicap en milieu ordinaire est prônée par les politiques. Mais sa mise en oeuvre concrète n'a encore rien d'évident. Aussi le partenariat engagé depuis 15 ans entre la SicÔs de Caudry, et au Cateau, l'établissement de soins et d'aide par le travail (ESAT) Le Jardinet et l'entreprise adaptée Challenge, paraît-il exemplaire puisque encore rare. Jeudi, dans le cadre de la première « journée citoyenne » organisée par L'Oréal, on est allé encore plus loin dans l'échange entre personnes handicapées et « valides ». En inversant les rôles.
Nul besoin de mots. Pour se croiser régulièrement à la SicÔs, l'un aux commandes d'un chariot, l'autre du côté de l'unité de production des flux de sous-traitance, Ludo et Jean-Sébastien se connaissent bien. Aussi, Ludo, quoique sourd et muet, parvient-il aisément à expliquer à son collègue, comment découper et conditionner les plaques destinées à l'industrie automobile. Sa tâche au quotidien dans l'atelier de l'entreprise adaptée Challenge. Car ce matin, c'est au Cateau-Cambrésis et non à Caudry qu'ils travaillent ensemble.
La première « journée citoyenne » initiée par L'Oréal dans tous les sites du groupe, au mois de juin, a évidemment été déclinée à la SicÔs. Où les salariés, soulignait avec beaucoup de satisfaction Eleonora Airaldi, responsable communication, formation et diversité chez L'Oréal, ont très bien répondu à une proposition basée sur le volontariat : « Comme c'était la première fois, on avait un peu peur », mais au final, il a fallu tirer au sort la vingtaine de salariés qui se sont répartis entre l'ADAPT, à Cambrai, et au Cateau, l'ESAT Le Jardinet et l'entreprise adaptée Challenge.
L'après-midi, ils étaient invités à témoigner de leur expérience auprès de leurs collègues, alors que des assocations du Cambrésis et de la région étaient présentes à SicÔs.
Objectif pour la dizaine de salariés qui se sont déployés au Cateau : découvrir les postes de travail des salariés de l'ESAT et de Challenge, mais aussi s'essayer à leurs tâches, sous leur conduite. D'où l'initiation prodiguée à Jean-Sébastien par Ludovic, parmi des dizaines d'échanges similaires.
Ces quelques heures auront peut-être fait baisser la productivité de Ludo, qui découpe et conditionne depuis trois ans, quelque 700 pièces par jour...
Chiffre impressionnant qui a dû conforter, chez les salariés de SicÔs, la conviction de visiter deux véritables entreprises. « Un tel constat ne va pas de soi », précisait jeudi M. Rivière, directeur de Challenge, décrivant la montée en puissance des commandes de donneurs d'ordres progressivement convaincus de son efficacité : 2 000 rideaux conditionnés chaque jour, 200 par mois au démarrage... Même développement exponentiel pour l'atelier de conditionnement de l'ESAT. « Ça démarre toujours tout doucement avec les entreprises, décrit M. Rivière. On est dans un monde particulier ; ils pensent qu'on ne sera pas capable... On leur donne la démonstration qu'on l'est. Avec de la compétence ! » Le directeur des ressources humaines de SicÔs Olivier Chatillon n'a pas besoin d'être convaincu. L'usine a de longue date oeuvré en faveur de l'intégration de personnes en situation de handicap, notamment dans le cadre des prestations extérieures. Ludovic, pour ne citer que lui, y travaille avec un matériel adapté, et grâce à des consignes souvent données par affichage. Un investissement qui (r)apporte aussi à l'entreprise, explique le DRH : « C'est un partenariat, on s'apporte réciproquement. C'est une vraie ouverture, à tous niveaux. » Un partenariat à approfondir : « Il y a encore plein de choses ! » Jeudi, Audrey était venue « découvrir un autre milieu que celui qu'on côtoie tous les jours, et montrer aux gens qu'on les soutient ».
Elle s'est entre autre essayée au découpage de rideaux, guidée par Christelle qui avait mis quelques « chutes » de côté, et a suivi attentivement les progrès de son élève. « J'explique mon travail. Voir d'autres personnes qui s'intéresse à nous, c'est bien. » Et productif. •
http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Cambrai/actualite/De_Caudry_au_Cateau/2011/06/27/article_handicapes-ou-valides-tous-travailleurs.shtml
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