
Les enfants qui viendront en Alsace cet été, réunis en mars par l’association Les Enfants de Tchernobyl avec leurs parents à Novozybkov, en Russie, un pays dont le drapeau est aussi bleu-blanc-rouge.
Chaque été, depuis 1993, des familles alsaciennes accueillent des enfants victimes de contamination radioactive. Car la catastrophe de Tchernobyl n’en finit pas.
L’explosion de Tchernobyl, c’était il y a 25 ans. Aujourd’hui, une grande proportion de bébés naissent dans la région avec un handicap mental ou physique. De tout jeunes enfants sont gravement malades. Des gamins de 12 ans font des infarctus, souffrent de cataractes, de maladies chroniques de toutes sortes. Leurs parents, qui étaient enfants en 1986, aimeraient oublier le traumatisme. Les États russe, biélorusse et ukrainien, très touchés par les retombées du nuage de Tchernobyl, aimeraient oublier aussi. Tout comme les grandes puissances de ce monde, qui font peu de cas des 8 à 9 millions de personnes vivant dans les zones contaminées par le césium 137.
« Après trois semaines de séjour en France, la charge de césium 137 des enfants a baissé de 20 % en moyenne, après huit semaines de 62,5 %. Preuve qu’il est important de faire sortir les enfants des zones où la nourriture est contaminée et où il y a des sources d’irradiation externe », dit Thierry Meyer. Car cette association fait mesurer la contamination au départ et à l’arrivée des enfants.
Qui sont ces enfants ? « De jeunes Ukrainiens et Russes, de 6 à 11 ans, de milieux très défavorisés, expliquent Catherine Albié et Marie-Christine Klein. Nous avons des correspondants locaux dans les zones contaminées, qui travaillent avec les communes et les services sociaux. Chaque demande de candidature est examinée avec rigueur. » Chaque année, des membres de l’association visitent sur place les familles de ces enfants, pour s’assurer du respect des critères, et organisent une réunion des parents et des enfants pour leur expliquer le déroulement du voyage et du séjour.
Accueillir chaque été 200 enfants ne s’improvise pas. C’est un travail de toute l’année pour plusieurs dizaines de bénévoles, en Alsace et dans les régions contaminées. L’établissement des passeports et des visas n’est pas tâche facile. Il faut aussi trouver des familles d’accueil fiables, des interprètes qui accompagnent les enfants durant le voyage et restent en Alsace durant le séjour. Il faut organiser le voyage, en car jusqu’à Kiev, en avion jusqu’à Francfort, à nouveau en car jusqu’en Alsace. Et remplir chaque année les caisses de l’association, qui paie les frais de voyage des enfants venant pour la première fois. Les familles alsaciennes prennent en charge l’hébergement, la nourriture et les loisirs des enfants, les frais de voyage si elles souhaitent réaccueillir le même enfant une ou plusieurs années de suite.
Cette association ne se limite pas à l’accueil. Elle fait connaître les résultats des mesures de contamination des enfants et des sols (lire L’Alsace du 3 avril, page 5) aux autorités locales pour les inciter à prendre des mesures de protection des populations. Elle finance des cures de pectine de pomme qui permettent de réduire la contamination interne. Elle organise colloques, expositions et conférences en Alsace pour expliquer les conséquences de la catastrophe nucléaire. Elle est l’aiguillon qui dérange, ici et là-bas : le nucléaire, c’est dangereux, car l’atome a la vie longue, très longue…
CONTACTER Association Les Enfants de Tchernobyl, résidence les Provinces 1A, rue de Lorraine 68840 Pulversheim. Courriel : les.enfants. de.tchernobyl@wanadoo.fr. www.lesenfantsdetchernobyl.fr
VOIR Notre reportage photos sur www.lalsace.fr
le 17/04/2011 à 00:00 par Textes : Elisabeth SchulthessPhotos : Thierry Gachon sur http://www.lalsace.fr/actualite/2011/04/17/l-explosion-de-tchernobyl-c-etait-il-y-a-25-ans





